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9 juillet, 2010

UN CINQUANTENAIRE, MAL SAIN

Classé sous Non classé — adamasow @ 16:37

A l’occasion de la célébration du cinquantenaire des indépendances des pays africains ne faut-il pas s’interroger sur l’avenir de ce continent, berceau de l’humanité. Un anniversaire qui se fêtera sans doute sous le double signe de l’enthousiasme de la ‘’la libération’’ et de l’amertume du sous développement qui confine l’économie africaine sous la férule des indices boursiers des anciennes puissances coloniales et de leurs volontés. Si Ahmadou KOUROUMA devrait rééditer son roman, le soleil des indépendances, il serait sans doute tenter de le publier sous le titre de l’ombre des dépendancesLa palme de la franchise reviendrait sans doute à Kateb Yacine qui s’exprimait en ces termes dépourvus de toute ambigüité « le colonisateur étant parti, nous n’avons plus le droit de chercher nos maux en dehors de nous-mêmes ». Longtemps, les dirigeants africains ont cédés à une sorte d’hallucination collective qui consiste à voir en la France et en les anciennes puissances coloniales un espoir messianique ou une issu de l’impasse dans laquelle l’Afrique se trouve. Un leurre. Le mot est aussi pesant que la nature douteuse des relations de la tant décriée France-Afrique. Riche en sous sol mais pauvre en bonne gouvernance, le continent africain se fait entendre plus par l’ampleur des ses conflits que par ses richesses que certains experts n’hésitent pas à qualifier de catastrophes géologiques tant par leurs énormités. Un destin fatal ou une incapacité des hommes du pouvoir à porter sur leurs épaules l’avenir de ce grand peuple ? La réponse ne nécessite pas une analyse approfondie à la lecture des événements. Le patriotisme faisant défaut, le progrès ne peut se faire qu’à pointillés. Le cinquantenaire restera sans doute comme tant d’autres événements une tâche indélébile dans la conscience collective. Un bilan néfaste accentué par la crise financière mondiale qui nous a repris dans notre propre crise assez particulière. Cinquante ans déjà comme si de rien n’était. La notion de temporalité est toujours déterminante sur l’action de l’homme. S’il est indéniablement admis que rien ne peut résister à l’œuvre du temps, il est aussi retenu que le progrès est avant tout une envie, un projet. Or, on constate aujourd’hui avec résignation une carence de projet de société qui est le préalable à tout développement. 

Le système juridique et judiciaire est à la léthargie. Certains pays comme la Mauritanie ont voulu marqué de façon hypocrite et très peu réfléchie une certaine originalité par rapport au système juridique français en adoptant l’Islam comme source du droit. A première vue, ceci est la preuve tangible d’attachement aux valeurs profondes de l’Islam. En pratique il n’est en aucun. Un agrégat de symboles qui cachent de dures réalités. Le tripatouillage des deniers publics pourtant banni par l’islam est érigé en crédo. La notion du baît-el mal perd toute sa quintessence.

Une justice qui fonctionne sous la dictée de l’exécutif. A la séparation des pouvoirs, ils y ont substitué la confusion de pouvoirs laissant dans la confusion les justiciables pauvres. Une arabisation poussée à l’outrance jusque dans les couloirs des tribunaux. L’on sait que toute duperie s’opère plus facilement par une différence linguistique. Qui ne comprend une langue donnée aurait peu de chances à réclamer ses droits auprès des autorités qui en usent et en abuse. L’envie de se refonder une virginité identitaire arabe fortement niée dans le monde arabe a fait réapparaitre des méthodes peu glorieuses qui convoquent les années de terreur du ‘’feu vivant ‘’ Ould Taya. Un cinquantenaire qui marquera les esprits. Les larmes des veuves et des orphelins des exactions de la tragédie de 1989 mouilleront le tapis ‘’rouge d’honneur’’, mais rouge de sang sur lequel les dirigeants marcheront pour rejoindre leurs places peu méritées. Triste. Comme un coucher de soleil, ils les oublieront. Depuis un demi-siècle, la notion de mauritaneîté a été réduite à une simple association de mot d’ould khaima kébira que l’on peut littéralement traduire par fils d’une grande famille. L’explication traduit un mépris profond par certains des autres couches sociales composant la société mauritanienne. Mépris qui a conduit au cataclysme humanitaire orchestré par les baathistes dont Taya était le leader incontesté. L’histoire retiendra sa longévité macabre au pouvoir. Elle retiendra aussi qu’il le quitta chassé. Un cinquantenaire mal saint. La Mauritanie d’en bas souffre des comportements qui relèvent d’un autre âge. Age qui relève d’une autre ère. La classe politique mauritanienne au-delà des sensibilités des uns et des autres doit œuvrer pour le progrès de la nation, seule force capable de réunir les hommes. La lanterne publique doit être mieux informée. La personnalisation du pouvoir doit céder à son institutionnalisation pour que nous puissions célébrer dignement les prochains anniversaires d’indépendance. Les dirigeants africains doivent faire appel à un grand sens d’humanité et d’humilité signes distinctifs des grands hommes. Ce que l’on peut dire c’est qu’avec un bilan aussi chaotique, la retenue quant aux coûts des festivités s’impose d’elle-même 

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