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11 avril, 2010

NOUS AUTRES, NOUS PARLONS AUSSI.

Classé sous Non classé — adamasow @ 17:19

Nous autres, nous parlons aussi. 

A l’aube de ce troisième millénaire où toutes les nations cherchent à repousser les limites de la Science et du savoir, la Mauritanie par la voie inaudible de son premier ministre stagiaire à décider de semer la confusion au sein du peuple mauritanien censé être « …un peuple musulman, arabe et africain… »Tel qu’il est stipulé dans la profession de foi de la constitution du 20 juillet 1991. 

Une déclaration qui vient confirmer l’opacité de ce système imperméable aux palpitations existentielles et au soulèvement de la vie. Les propos du PM ont déclenchés une émotion grandiose d’autant plus qu’ils convoquent sans aucun détour et habillage de pensée, les années de braise du ‘’feu vivant’’ Ould Taya. 

Le Président Aziz avait pourtant promis la réconciliation nationale et la cohésion sociale. Etrange. Oui. Dans tous les pays où elle a été entamé et mis en avant, la réconciliation nationale exclu même dans son esprit des déclarations de suprématie d’une ethnie, d’une race et encore moins d’une langue par rapport aux autres. Une perte repaire accentuée par la volonté de certaines baathistes nostalgiques de redonner à leur ethnies une nouvelle virginité identitaire fortement niée dans le monde arabe, puisque sans fondement historique a conduit aux propos dépourvu de tout patriotisme déclarés par le PM. 

Ce sujet est extrêmement sensible qu’il mérite d’employer des méthodes cliniques à l’égard des défenseurs de l’arabisation massive en Mauritanie. Ceci est d’autant plus méritoire qu’on ne cesse de nous arguer le transcendantal pour justifier des politiques sectaires et sectariste. Est-ce les enseignements de la toute puissance parole divine qui donnent du crédit à ces manœuvres ? La réponse est certes négative.  Il ne s’agit pas de remettre en cause la teneur divine de la langue arabe, celle des grands poètes comme Antar ben Chéddade ou de Oumar El Khaîs…figures emblématiques de cette riche littérature, par contre ce qui est inacceptable, c’est son instrumentalisation à des fins discriminatoires. 

A chaque fois qu’une question de langue est soulevée dans un pays, elle implique une culture et forcément une ethnie. La précipitation est à éviter dans ces cas. Un devoir de responsabilité s’impose. La revalorisation de la langue arabe plus qu’elle ne l’est actuellement dans l’administration témoigne avec force, la considération graduée que le PM se fait des différentes langues du pays, symbole de son brassage culturel. L’officialisation de la langue arabe à l’art 6 de la constitution ne veut pas dire jeter aux calendes grecques les autres nationales. Nous savons pertinemment que l’arabisation massive dans l’enseignement est une politique ciblée destiné à faire des enfants négro-africains ‘’les bouts de bois de dieu ‘’ d’un compteur du taux d’analphabétisme que le gouvernement s’empresserait de publier. 

Le choix d’une langue officielle est en principe le fruit d’un compromis, d’un consensus, par conséquent, cette langue n’est pas forcément celle de la majorité. Elle est adoptée en fonction de son utilité dans la gestion des affaires du pays. Ce choix peut aussi résulter de son importance au sein des organisations internationales, sans pour autant oublier le passé coloniale et les institutions héritées de ce système. Or, aujourd’hui, aucun de ses critères n’a pu être démontré par le PM, peu connaisseur du dossier, mais partisan zélé d’une certaine mauritanie, que la Mauritanie ne veut pas attendre.                                                             

  Si l’on s’en tient aux dispositions de l’art 29 al 1 de la constitution relatives à la prestation de serment dont nous retenons ici la substance « Je jure par Allah l’Unique…de sauvegarder l’indépendance et la souveraineté du pays, l’unité de la patrie et l’intégrité du territoire national. », nous constatons que l’exécutif censé assurer l’unité de cette patrie a failli à ses devoirs. A y regarder de près, force est de reconnaitre que le PM et la Ministre de la culture qui, elle, dépassée par les débats n’a fait que surenchérir les propos de ce premier ministre adepte d’une lecture diagonale de la constitution. La Ministre de la culture peu habituée aux rouages de la politique et non consciente de la responsabilité de ceux qui tiennent des discours dérape. Elle n’a rien compris. Dommage qu’une ministre de la culture fait de la question des langues un mouchoir de poche. 

Ce qui d’emblée saute aux yeux, c’est cette volonté de dissocier la patrie en mettant en place une grille idéologique référentielle d’une certaine horreur. L’horreur de la discordance. Le président de la république à une lourde responsabilité, il vogue vers le rendez-vous qu’il a avec lui-même et avec l’histoire. Son silence actuel peut être interprété comme complicité latente voire même une tacite reconduction de la politique ségrégationniste d’Ould Taya qui avait conduit à une comptabilité macabre. Aziz doit savoir qu’il n’a pas été choisi par la majorité des mauritaniens pour « présider à leurs sommeils » pour citer Charles De Gaulle, mais sur la base d’un projet au service de la nation. 

On ne cessera jamais de contester la légitimité de ce débat si cher au premier ministre, puisque porteur d’une vision rébarbative de ce qu’il ose appeler avec une assise impeccable, reforme.  La forme de la déclaration résume son fond. Ces propos sont une diversion au moment ou le peuple mauritanien dans sa majorité souffre du chômage, de déni de justice et de manque de citoyenneté. L’économie est à la léthargie. Au lieu de s’atteler à ces fléaux, il y substitue un discours d’arabisation peu ambitieux. Il aurait pu éviter déclarer ses ‘’psaumes’’ qui laissent présager un futur incertain pour le peuple mauritanien et plus particulièrement négro-africain. Alors premier ministre ou premier sinistre politique de l’ère azizienne ? Entre ces deux expressions, choisissons le plus juste- c’est sans doute la seconde% 

 

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