« Un homme qui crie n’est pas un ours qui danse »

18 avril, 2009

la débandade idéologique, l’AJD/MR déçoit

Classé sous LES ARTICLES — adamasow @ 3:15

Pendant cette dernière semaine, l’actualité politique en Mauritanie a pour épicentre, la candidature à la magistrature suprême de Ould Abdel Aziz, qui entend se présenter « conformément » aux aspirations du peuple mauritanien dit-il. En tout état de cause, ce qui ne fait pas l’objet d’un doute, c’est qu’il est candidat.  A cet effet, une question s’impose, est-il un candidat prétendant ou un candidat déjà président ? La palme de la franchise, consisterait à dire qu’Aziz n’a pas organisé ces élections pour qu’elles lui échappent. Elles seront tout simplement une réécriture insidieuse de l’histoire de la Mauritanie contemporaine. 

Le délitement progressif des conditions de vie de la population est malheureusement relégué au second plan. A y regarder de près, force est de constater que,  le Général  démissionnaire, une fois au pouvoir, risque de résister  à l’œuvre du temps, beaucoup plus que Ould Taya. D’abord ceci s’explique facilement, par son âge qui lui permet de régner à tout jamais. Ensuite, rien qu’à la lecture de ses propos, il apparait comme  un admirateur zélé du pouvoir et un personnage qui rechigne toute dialectique idéelle. Enfin, tous les ingrédients réunis pour faire de lui un dictateur redoutable en gestation. 

Les partis politiques sont très divisés sur la question, quant à la participation au suffrage universel, qui présage déjà une mascarade. En d’autres termes, ces élections ne seront qu’à l’aune  du personnage et de sa conception moyenâgeuse de l’Etat moderne. Certains partis politiques tels que l’AJD/MR qui, se trouvait, au moment du coup d’Etat du 06 août dans une « myopie » politique, voire aux abords même de l’irresponsabilité, est entrain de légitimer aujourd’hui, par sa candidature, le coup de force survenu le 06 août. Etrange conception d’une démocratie participative, que cette formation politique a toujours prônée. Bref, en Mauritanie, le sens de l’objectivité cède devant celui de la subjectivité et du culte de la personnalité. 

Ibrahima Sarr, qui s’est toujours considéré comme le levain d’une cohésion sociale et de la lutte pour le triomphe de la démocratie dans ce pays, vient de rompre avec l’histoire, son rendez-vous tant attendu. La cristallisation idéologique et les valeurs morales de ce parti viennent de voler en éclat pour se retrouver dans une sorte d’oscillation décisionnelle. Pour plus de respectabilité, l’AJD/MR doit cesser ces baragouins, qui trempent ses militants dans « l’encre » de  l’incivilité.   

Un homme politique, ne peut en aucun cas invoquer la neutralité face à une situation qui prévaut dans son pays et surtout quand il s’agit de dénoncer une prise de pouvoir non constitutionnelle. Si expliquer n’est pas justifier, prendre acte n’est pas aussi synonyme de condamner. L’honnêteté de la personne humaine se mesure à la limpidité de ces propos. 

Cette lancinante posture politique, ne serait pas celle, qui conduira Sarr aux portes du palais, mais plutôt le vent du pouvoir soufflera à son opposé. On sait déjà que sa candidature  n’aura qu’une influence « atomique » sur le cours de ces élections. Elle est d’autant plus scandaleuse d’ailleurs, qu’elle servira d’échafaudage à la légitimité politique, que veut se forger l’ex- Président du Haut Conseil d’Etat. En politique si le charisme fait defaut, l’échec se profile à l’horizon. La participation de l’AJD/ MR meublera les esprits, non pas par ses eventuels resultats, mais plutot par le doute qu’elle sème dans l’esprit des militants quant au bon choix de cette sensibilité politique. 

 Encore une fois de plus, l’impartialité choquante, que s’est imposée le parti, durant toute la transition sous la houlette de Ould Abdel Aziz, contraste aujourd’hui avec le choix entrepris. En réalité, cette simple candidature vaut aujourd’hui approbation du coup d’Etat. Les convictions ideologiques d’un parti  devraient determiner ses choix politiques, mais ce ne sont pas, en vertu de la convenance, ses choix politiques qui devraient determiner ses convictions ideologiques. En politique, c’est le fond qui determine la procedure. 

L’attitude actuelle de l’AJD/MR  donne crédit non seulement à la thèse de  l’existence de certains partis, qui ne sont d’opposition que par leurs statuts, mais aussi configuristes et complaisants par leurs manieres douteuses d’agir. Ceci, ne servira pas de ciment à un encrage de la culture democratique dans ce pays. Tout au contraire, elle reflète la carence et l’inertie d’un contrepouvoir. Ces partis en question ignorent qu’à l’orée de ce IIIème millenaire, ceux qui tiennent des discours et des décisions ont une responsabilité. 

         Par cette decision (la participation au suffrage universel), l’AJD/MR est entrain de renoncer à pointillés à ses valeurs, qui, jadis, avaient convaincu beaucoup de mauritaniens, toutes races confondues et contribué de façon effective à la percée politique de cette formation et de son nouveau leader fraichement désigné. Malheureusement, on tend vers une éclipse ideologique, qui débouchera sur une dénégation des militants. Ainsi, par cette participation, notre chère AJD /MR, a contribué à lier notre destin à celui des militaires. Nous ne voulons pas d’un parti politique qui ressemble à une pastèque, c’est à dire verte à l’extérieur, mais rouge dans sa vérité profonde. 

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