« Un homme qui crie n’est pas un ours qui danse »

20 mars, 2009

khadafi, un drôle de mediateur

Classé sous LES ARTICLES — adamasow @ 4:21

Le peuple mauritanien vient encore de subir un coup de matraque de la junte au pouvoir avec la complicité affichée du guide Libyen Kadhafi. L’histoire s’est encore réécrite de façon insidieuse certes, mais elle l’a tout de même été. En d’autres termes encore une fois les autorités mauritaniennes rechignent à toute avancée démocratique dans ce pays tristement célèbre par ses entraves à la démocratie répétitives et instantanées. Alors c’est l’heure de l’enchantement comme disait l’écrivain russe Vladimir Nabakov avec cette course à des concepts magiques. Au coup d’Etat on y substitue la rectification en passant par les Etats généraux etc. Visiblement le pays ne manque pas de poètes.  Pour sortir de cette impasse, un personnage très controversé s’érige en figure de proue pour la réconciliation entre les camps protagonistes. 

Kadhafi est-il un médiateur digne de ce nom ou plutôt un leader dont les propos ne résistent pas à l’analyse et qui par-dessus le marché veut asseoir sa légitimité et sa notoriété au détriment des revendications du peuple, à savoir la démocratie et l’Etat de droit ? Cette « peopolisation » des négociations pourrait t-elle aboutir sur une sortie de crise ? Sans aucun doute l’on sait que celui qui dresse des diatribes aiguës contre la démocratie ne luttera point pour son enracinement. Alors où se trouvent les vertus de notre médiateur? 

Je pense que sa volupté du langage et cette crédibilité forcée dont il bénéficie à chacune de ses visites trouvent sa source dans les pétrodollars. L’appât du gain l’a emporté sur le sens de la responsabilité. A y regarder de près, force est de constater que certaines  sensibilités politiques mauritaniennes n’ont aucun sens du patriotisme et font primer les intérêts personnels au moment où le pays a besoin de voix progressistes pour s’arracher de cette myopie politique et de cette léthargie économique. Il faut comprendre que remettre en cause les aptitudes du guide Libyen n’est pas synonyme de la déculpabilisation des politiciens mauritaniens qui se lancent dans une sorte de débandade idéologique qui n’a rien de constructive.  Je pense qu’une « mauritanisation » du conflit s’impose. Quel que soit les qualités d’un médiateur il y’aura toujours des failles dont l’ignorance peut être fatale. Ces failles ne peuvent être découvertes que par des mauritaniens qui vivent les réalités socio-économiques de ce pays. L’image miroitée que cette junte veut donner à la communauté internationale contraste avec le quotidien de ce peuple qui aspire à marier le souffle de la démocratie avec celui du développement et de l’émergence. 

Mais à la lecture des événements, cette aspiration risque d’être un simple souvenir qui meublera les esprits. Toute éventuelle candidature du général, considéré par certains comme un espoir messianique, accréditerait encore plus la thèse selon laquelle la Mauritanie est vouée aux pouvoirs militaires. A l’instant précis nous ne sommes que dans la suite logique de cette opinion. C’est malheureusement en Mauritanie que certains parlent du Général en des termes dépourvu de toutes critiques. Il n’est pas certes le seul comptable de la crise actuelle mais sa participation y a été pour quelque chose. Au lieu de s’atteler aux véritables problèmes qui gangrènent le pays, il se met dans une phase de précampagne au mépris de la souffrance du peuple et de ses conséquences néfastes.  Pour sortir de cette crise, la junte doit faire preuve de flexibilité et de sens de l’engagement, car c’est l’avenir de ce peuple qui est en jeu. Aucun mauritanien ne veut revivre les années de braise d’Ould Taya.   

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