« Un homme qui crie n’est pas un ours qui danse »

8 mai, 2008

la Mauritanie, reformes ou enracinement

Classé sous LES ARTICLES — adamasow @ 6:12

sidioca.jpgActualité morose, climat d’incertitude et d’insécurité, le bilan annuel du régime Sidi Mohamed ould Cheikh Abdallahi est très mitigé. En effet, après le départ du CMJD et l’arrivée de Sidioca à la tête du pays, les Mauritaniens avaient les bras ouverts pour accueillir un espoir « messianique » et une revalorisation de leurs conditions de vie. Mais à l’instant aucune lisibilité dans leurs avenirs n’est encore constatée et moins un revirement de stratégie de gestion de l’époque Taya n’est encore adoptée. Les espoirs se mettent ainsi à même que la terre laissant des esprits perplexes. Une politique politicienne au service des aisés et au détriment des nécessiteux. Une honte.

Un compromis sur fond de compromissions. Les promesses électorales sont restées dans les fonds des tiroirs nous laissant ainsi dans une myopie politique dont les préludes commencent à se faire sentir. Ce régime ne s’emploi pas activement à la concrétisation des aspirations du peuple et encore moins à l’apport de perspectives nobles qui lui permettront d’améliorer son quotidien, sa longue soif de la démocratie. La légitimité d’un pouvoir ne se mesure pas uniquement au caractère démocratique des élections mais il est aussi tributaire de la primauté de la nation et de la mise en place d’un mécanisme de bonne gouvernance qui favorise une gestion saine et non sélective des deniers publics.

SIDIOCA est politiquement vierge faut-il encore le rappeler. Le pouvoir se retrouve dans des mains souillés qui méritent un bain de purification. Les mauritaniens souffrent et continuent de souffrir de cette inertie institutionnelle qui nous rappelle les souvenirs macabres, du galvaudage du fruit du travail des contribuables sous la férule sombre de ould Taya. Vers quelle trajectoire se dirige la Mauritanie ? Nous sommes face à un bégayement du régime. La rupture n’est pas encore consommée avec les veilles et honteuses habitudes. Le futur est difficile à évoquer dans un pays où la corruption et la personnalisation du pouvoir agissent en symbiose pour entrainer une décadence continue de l’Etat et par conséquent à la souffrance de la majorité de la population.

En voulant honorer un rendez vous avec l’histoire, notre Président a précipité les choses. Nous pourrions même dire qu’il l’a manqué. Il ne suffit pas ramener les déportés autrefois arrachés à leur terre natale par une politique de denégritude mais d’activer des mesures d’accompagnements et de réhabilitations de nos compatriotes dans leurs droits et dans leurs citoyenneté. Ces derniers sont entassés dans des camps de fortune aux périphériques de la capitale. A l’état actuelle ils sont plus refugiés qu’ils ne l’étaient pendant 18 ans. Une triste réalité. Une situation sous les obturations de la constance. Manque de volonté politique ou un engagement pris à la hâte sans préparations requises ? Certainement les deux.

Le gouvernement de Sidioca jusque là n’a pas manqué de dérives. L’on se souvient de la « fraiche » décoration de l’un des bourreaux des événements de 1989. C’était au moment où le processus du retour de nos compatriotes était engagé. Il avait choisi de rehausser le tortionnaire en l’occurrence Deddahi rendu tristement célèbre par son rôle dans les mouroirs de Jreida et autres camps, et pire de l’élever au rang du héros de la nation. Une reconversion provocatrice. Une insulte à la mémoire des victimes de 1989 et de leurs familles. Le moment choisi n’est pas désintéressé. Des criminelles qui bénéficient d’un régime de faveur au moment où la bataille pour la justice sociale s’engage.

Sidioca engage des reformes ostentatoires mais ne réforme pas. En réalité se sont juste des changements « physiques » et formalistes mais pas de mutations substantielles. On a eu vent de la démission du gouvernement, avec l’arrivé a sa tête d’un nouveau Premier ministre dont le passé est douteux. Très précoce pour y porter des jugements certes, mais l’homme en question est d’un autre âge. Nous demandons que le gangstérisme étatique soit désormais mis à l’écart et que les mauritaniens dans leur diversité puissent voir en leurs pays un Etat démocratique et non pas un état de fait.

1 mai, 2008

Hommage à Aimé Césaire ( 1913-2008)

Classé sous LES ARTICLES — adamasow @ 4:42

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Homme de lettres et homme politique, défenseur des droits de l’homme en général et de l’identité de l’homme noir en particulier, néologiste du concept grandiose de la Négritude, Le fils de l’inspecteur des impôts martiniquais, Aimé CESAIRE nous a quitté pour sa demeure définitive. Ce jeudi noir 17 avril 2008 marquant par son événement certes, comme celui du jeudi 29 mai 1930 de la crise économique, mais différent de celui ci par son impact émotionnel et la perte d’une très grande personnalité dont le combat a été ressenti par tout dans le monde tant la cause était noble. C’est au moment où l’Afrique et le monde noir sont en carence de voix progressistes, d’inertie de justice sociale et d’hommes capables de porter sur leurs épaules l’avenir de ce peuple, autrefois opprimé et qui continuent de subir les séquelles de cette page sombre de l’histoire de l’humanité,que nous avons perdu l’une des grandes icones et figure de proue du combat pour la reconnaissance et l’affirmation d’une identité chère au bien être de tout individu et voire de tout un peuple. Notre CESAIRE est venu ainsi compléter la triste longue liste macabre de révolutionnaires qui étaient réuni autour d’idées et de pensées ayant contribuées de façon effective à l’éradication du racisme, du colonialisme vecteur de l’assimilation, de l’aliénation et au triomphe de la liberté et des droits humains.

Cette date en l’occurrence le 17 avril 2008 restera une tâche indélébile dans nos consciences, un triste anniversaire pour l’Afrique et l’humanité toute entière. «Oui nègres nous sommes et nous le serons » ainsi ce combatif acharné, artisan indispensable de la lutte émancipatrice de l’homme noir n’avait jamais cessé de rappeler son origine africaine et sa fierté de l’assumer sans complexe et sans aucun diminutif. Radical dans sa conviction, convaincue de la justesse de sa cause, il n’a jamais arrêté de combattre nonobstant le poids de l’âge et l’absence de ses frères de plumes, Senghor et Damas avec lesquels ils constituaient le trio de « l’étudiant noir ». Quelques années auparavant il disait « lors que j’ai appris le décès de Senghor, j’ai pleuré comme un enfant ». Aucun mortel ne peut résister à l’œuvre du temps, au caractère « acide » des années qui grignotent petit à petit notre vie. Aujourd’hui c’est nous, l’Afrique et le monde entier qui pleurent cet homme dont les qualités humaines et intellectuelles ont rayonnés et continueront d’illuminer le monde.

Une page de l’histoire s’est tristement tournée, laissant derrière elle une œuvre immense, un trésor, un échafaudage, une référence dont la teneur est inestimable. Un héritage pas comme les autres puis que ne finissant pas, celui du fruit du combat de tant d’années dont des écueils ont voulu couper le trajet. Mais ton objectif a été atteint. Il reste maintenant à nous, tes héritiers de suivre les enseignements et les directives de votre mouvement. On dit que Socrate a fait écrire par ses disciples, mais nous (noirs) sommes aujourd’hui rassemblé las dans ce bas monde jeunes et vieux disciples de votre action. Car notre liberté d’aujourd’hui est le produit de votre oppression d’hier. Malgré les attaques incessantes et les mesures dissuasives, il a pu avec courage et détermination mettre à la page le concept de négritude notre seule “breuvage” aujourd’hui qui englobe l’ensemble des valeurs culturelles du monde noir et le refus de leurs piétinement.

Césaire, aujourd’hui vous êtes parti, mais ta pensée restera à jamais gravée dans nos mémoires ou du moins dans celle de tout homme noir conscient et animé par un esprit de rejet de cette férule inhumaine et ignoble que l’homme blanc nous à imposé à un moment de l’histoire et qui continue encore de manifester des préludes annonçant une récidive. durant ta vie un horizon s’était tracé, mais avec ta disparition un vide s’est crée tant un substitut est difficile à trouver, tant ton combat n’est pas aisé . Aujourd’hui pas moins qu’hier ce combattant contre les régimes éthnocidaires mérite que le monde entier s’incline devant sa mémoire.

La Martinique pleure un fils, l’Afrique un père et le l’humanité un guide. Le monde est régi par cette dialectique, la vie et la mort, l’amertume et l’enthousiasme. En un mot, un brassage de contraires qui laissent l’individu soit dans une atmosphère joviale ou de tristesse. Aujourd’hui l’Africain, le nègre est dans la seconde situation. Un homme à qui nous ne saluerons jamais assez la mémoire.

AIME CESAIRE, un esprit, un combat, toute une vie au service d’un peuple. Reposes en paix

L’Afrique sera à jamais inconsolable.

l’Afrique et l’Europe, vers la rupture

Classé sous LES ARTICLES — adamasow @ 4:29

Les relations entre le vieux continent qu’est l’Europe et l’Afrique qui, est la principale source de matières premières débouchent apparemment sur le nouveau concept que j’appel le « terrorisme économique » maquillé par une volonté simulée d’ouverture et d’échanges que génère la mondialisation. L’Europe a toujours voulu faire de l’Afrique la cobaille de nouvelles expérimentations néfastes et périlleuses qui mèneraient à la léthargie son économie et par conséquent à son absence constante sur le marché planétaire. Une stratégie pour empêcher les citoyens de ce continent de monter dans «l’ascenseur social».

Ainsi, sous un vocabulaire à la fois soutenu et macabre par ses effets, l’Europe a mi sur la table, les A.P.E (accords de partenariat économique) qui consiste à supprimer les taxes douanières sur les produits européens entrant en Afrique et vis-versa. Ostensiblement le projet semble être à la fois équitable et preuve de volonté d’accompagner l’Afrique dans le processus du développement durable devenu aujourd’hui le mot de passe mondial. C’est la vision peut être de l’africain père de famille ou du moins le premier reflexe que l’on aurait avant de se lancer dans des investigations explicatives du dit projet. Nous savons que la quasi-totalité des pays africains ont comme source de budgets les taxes douanières et leur suppression sur tels ou tels entrée ne resterait jamais sans conséquence. En plus compte tenu de l’état des entreprises africaines qui définissent notre économie nous ne pouvions pas faire face à une concurrence « sauvage » des entreprises européennes qui seront attirées par ladite suppression et qui ont presque atteint le paroxysme du perfectionnement alors que les nôtres sont en chemin. Tout de même ceci n’exclut pas la compétitivité des entreprises africaines.

La mondialisation intensive des échanges, la peur du réveil en cours du géant chinois conjugués aux fluctuations du marché mondial sont peut être l’élément déclencheur de cette idée qui, rien qu’à l’entendre témoigne d’une absence désormais confirmée d’une politique européenne réelle et participative au développement de l’Afrique. L’Afrique ne veut plus être un simple témoin de l’histoire mais plutôt une actrice de son époque, statut que l’Europe veut nous retirer par le biais de ses propositions digne d’un retour à impérialisme et à son corolaire de dépendance. Accepter le principe des APE c’est remettre en cause tout le processus d’indépendance économique que visent actuellement les pays du sud face à ceux du nord.

 

Malheureusement encore certains chefs d’Etats africains au lieu d’illuminer les consciences de leurs citoyens n’ont pas manifestés une réelle volonté de s’opposer de façon claire et précise aux décisions du « père céleste » qui par peur de perte d’un certain prestige et d’une mainmise sur le continent se hasarde à fouiller dans l’inconscient. La crainte de soi ne doit pas justifier l’agression de l’autre. A y regarder de près, force est de constater que certains chefs dont le sénégalais Wade ont fait preuve de bravoure et d’une réelle volonté d’entraver les ambitions déstabilisatrices de l’Europe. L’Afrique à l’instar de tous autre continent aspire certes au développement mais pas celui engagé en concomitance avec la destruction. A un certain moment de l’histoire il faut savoir prendre son destin en main et faire face aux éventualités qui viennent souvent sans aucun prélude. De part cette proposition en l’occurrence les APE, l’Afrique doit savoir qu’aujourd’hui que pour susciter une attention particulière et avoir une respectabilité à l’échelle internationale, disposer librement de sa voix soit pour approuver ou pour contester est une condition ciné qua none à toute intégration.

La bataille économique en Afrique a eu un perdant, c’est l’Europe et elle doit se résigner ou apporter plus de crédibilité afin de retrouver sa place tant convoitée que la Chine est entrain de conquérir.


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